Ce billet a été rédigé par Joyce Wycoff, l’auteure de plusieurs ouvrages sur l’innovation et la créativité. Elle tient également un blogue sur l’innovation scolaire à Réinventer l’école.
Sal Khan a bouleversé le monde de l’éducation lorsqu’il a créé Khan Academy avec la mission d’« offrir une éducation gratuite et de calibre mondial à toute personne, partout dans le monde ». (Pour connaître l’histoire à l’origine de cette initiative, consultez l’article précédent.) Voici sa conférence TED, qui vous donnera une meilleure idée de ce qu’il a accompli et de la direction que prend Khan Academy.
L’une de ses premières occasions de mettre à l’essai ses logiciels et ses programmes s’est présentée avec un programme appelé Peninsula Bridge dont le mandat consiste à offrir des possibilités éducatives à des élèves motivés du secondaire provenant d’écoles et de quartiers défavorisés. Le programme utilise les installations de plusieurs des écoles privées les plus prestigieuses de la région de la baie de San Francisco pour accueillir les élèves invités, sans frais de scolarité, pendant une session estivale.
Peninsula Bridge a utilisé les leçons vidéo et les logiciels de Khan Academy sur trois de ses campus au cours de la première année, en complément d’un programme traditionnel de mathématiques, et non pour le remplacer. Sachant que ces élèves avaient des lacunes en mathématiques, mais sans savoir où elles se situaient, deux des trois enseignants du programme ont décidé de commencer le programme de mathématiques au tout début, avec l’arithmétique de base (la vidéo sur le « comptage des avocats » présentée dans l’article précédent), même si les élèves étaient de la sixième à la huitième année. Dans ce que Khan appelle des « lacunes en gruyère suisse », le programme a rapidement révélé des lacunes en soustraction de base, en multiplication, en fractions et en division.
Même si l’autre groupe avait commencé au niveau de la cinquième année et devait parvenir à des concepts plus avancés à la fin de la période de six semaines, il s’est avéré que le groupe parti de zéro a acquis la maîtrise à chaque étape et a rapidement dépassé le groupe qui semblait avoir l’avantage initial. La conclusion était que tous les élèves avaient besoin d’un certain degré de rattrapage. Au cours de ce programme, Khan Academy a mis au point un logiciel qui repérait les moments où les élèves étaient « bloqués » et avaient besoin d’une interaction individuelle.
Khan raconte l’histoire d’une élève de septième année qui comptait parmi les moins avancées au début de l’été et dont les progrès ont été parmi les plus lents pendant la première moitié de la session. Elle était « bloquée ». Puis quelque chose s’est produit que ni Khan ni son enseignante n’ont pu expliquer : tout s’est mis en place. Après cela, elle a progressé plus rapidement que le reste de la classe et a fini par devenir la deuxième élève la plus avancée de toutes, révélant un véritable talent pour les mathématiques.
La réflexion de Khan ne s’arrête pas au tutorat vidéo gratuit, et ce livre regorge d’idées et de réflexions sur la façon dont nous pouvons réimaginer l’éducation. Voici quelques-unes des autres idées qui, selon lui, ont leur place dans One World School House :
Follow natural attention span patterns: Studies show that students have a natural 10-18 minute window of focused attention after a brief settling down period. That is the highest period of learning retention.
Focus on content: Khan Academy videos focus on a blackboard and information being created by an unseen person. Humans are hardwired to focus on faces which can interfere with focusing on the content. While interaction with teachers is important, it should be separate from the first exposure to content.
Mastery learning: the progression of learning should move at the pace of the student’s mastery. Proceeding with new concepts before the old ones are mastered creates gaps that will cause learning to stall and lead to eventual failure. Numerous studies have confirmed the effectiveness of mastery learning. Tests that allow students to advance to new concepts upon receiving a passing grade of 70% (or less) only insures eventual failure.
Knowledge is continuous: No concept is sealed off from other concepts. Ideas flow and new concepts need to be connected to previously learned concepts.
Active learning: Students need to be involved in active learning. As Khan states, “They shouldn’t just take things in; they should figure things out.” Khan highly recommends apprenticeship or internship as a method of active learning.
Flipping homework: How much homework is the wrong question … a better question is “why?” One large survey from the University of Michigan found that school success is more correlated to frequency and duration of family meals than time spent on homework. Khan suggests that homework and class time be flipped. Concepts would be introduced at home through videos or other independent, on-demand learning modes and then explored and applied during class time.
Larger class sizes: Khan suggests grouping classes together with multiple teachers. For example: a classroom of 75-100 students would have three or four teachers to create a much more flexible and collaborative learning environment, supported with integrated technology where students could spend chunks of time in self-paced, independent learning and teachers could collaboratively team in a way that utilized their strengths and gave them time for planning and development. Khan states, “I believe a multiple-teacher system would go a long way toward solving the very serious problem of teacher burnout.”
Mixed age grouping: Age grouping students seems fundamental but actually didn’t become the norm until after the Industrial Revolution. This simple decision led to the development of arbitrary and fractionated curricula with expectations moving in lockstep regardless of individual student readiness or interest. Khan recommends remixing ages so that older students are teaching what they’ve learned and becoming leaders in the process while younger students are emulating their “heroes.” It’s a remodeled version of the one room school house, a process now being experimented with by Marlborough School, an all-girls prep school in Los Angeles.
Redefine Summer: Summer is a magical time for fun and play, however, it is also a time when learning begins to unwind and disappear for a large part of the student population who do not have the opportunities to participate in nourishing and memorable activities that keep learning alive and deepen it.
Student evaluation: Grades are neither objective nor meaningful appraisals of a student’s potential for learning. Khan states, “I would propose, as the centerpieces of student appraisal, two things: a running, multiyear narrative not only of what a student has learned but how she learned it; and a portfolio of a student’s creative work.” He also proposes a series of “micro credentials,” … rigorous, internationally recognized assessments that measure understanding and proficiency in various fields. These could be taken at any age, regardless of where or how the understanding was gained.
Internships: At Canada’s University of Waterloo, engineering students typically experience six internships totaling twenty-four months as part of their undergraduate studies. Waterloo interns are in high demand and graduates successfully compete with graduates of the best American universities.

