« Le chômage des jeunes en Afrique est un problème beaucoup plus grave que les changements climatiques et doit être pris en charge de toute urgence. »

Il s’agissait d’une affirmation forte prononcée par le professeur Emmanuel Nnadozie, secrétaire exécutif de the Africa Capacity Building Foundation lors du 5e sommet des groupes de réflexion africains qui s’est tenu en avril dernier au Ghana. L’événement portait sur le défi du chômage des jeunes en Afrique et sur ce que les groupes de réflexion pourraient faire pour contribuer à le relever.

Contrairement à la plupart des pays industrialisés, et même à certains pays en voie d’industrialisation comme la Chine, l’Afrique se compose d’une population beaucoup plus jeune. De ce fait, le continent pourrait bénéficier d’un avantage comparatif considérable au cours des prochaines années. Cela pourrait aider le continent à aller de l’avant et à s’imposer comme un moteur productif de la croissance mondiale. L’Afrique doit considérer une jeunesse en santé et bien instruite davantage comme une occasion concurrentielle et commerciale à promouvoir auprès des investisseurs que comme un problème social nécessitant des services publics soutenus par l’aide. Dans l’ensemble, pour tirer parti de cet avantage, l’Afrique a besoin de deux choses : des investissements pour créer les bons emplois et des jeunes possédant les compétences nécessaires pour les occuper.

Le problème des jeunes en Afrique

Les emplois pour les jeunes en Afrique constituent un enjeu crucial pour son économie. La population jeune de l’Afrique croît rapidement et devrait doubler pour dépasser 830 millions de personnes d’ici 2050. Le moment est donc bien choisi pour investir dans cette population, ce qui renforcerait la main-d’œuvre et favoriserait une productivité accrue ainsi qu’une croissance économique plus forte et plus inclusive partout sur le continent.

Cela a conduit le Groupe de la Banque africaine de développement à lancer une stratégie Jobs for Youth in Africa (JFYA) en 2016. Cette stratégie est prévue pour la période 2016-2025. Son objectif ultime est de créer 25 millions d’emplois pour les jeunes Africains et de fournir à 50 millions de jeunes un ensemble de compétences générales et techniques afin d’accroître leur employabilité.

En outre, cela correspond à l’objectif 4 des objectifs de développement durable de l’ONU : Éducation de qualité. **«**Garantir une éducation inclusive et et équitable et de qualité, et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie des possibilités pour tous.” Des progrès importants ont été réalisés en matière d’accès à l’éducation, particulièrement au niveau de l’ école primaire pour les garçons comme pour les filles. Pourtant, au moins 22 millions d’enfants dans 43 pays n’auront pas accès à l’éducation préscolaire à moins que le rythme des progrès ne double.

Que peut-on faire maintenant ?

Actuellement, la banque élabore le « tableau de bord sur l’emploi des jeunes » afin de suivre l’état de l’emploi des jeunes dans les pays d’Afrique, de cerner les obstacles auxquels les jeunes sont confrontés pour trouver un emploi de qualité et de proposer des solutions durables pour libérer le potentiel économique des jeunes. Grâce à une recherche fondée sur des données probantes, le tableau de bord fournira aux décideurs des recommandations stratégiques visant à accroître les possibilités d’emploi pour les jeunes.