La matrice des questions est un outil utile pour présenter une hiérarchie de la pensée. Elle s’inspire de la taxonomie de Bloom et constitue un élément important à intégrer à l’éducation et à nos stratégies de questionnement. La matrice représente visuellement la façon de formuler des questions qui favorisent une réflexion plus solide et de niveau supérieur. Les questions dont le préambule reprend les exemples du quadrant supérieur gauche (niveau 1) exigent souvent un niveau de réflexion inférieur et produisent des réponses superficielles. L’objectif est de poser les questions situées dans le coin inférieur droit de la matrice. Ces questions exigent une réflexion de haut niveau afin de produire des réponses qui vont au-delà des connaissances superficielles.

En commençant dans le coin supérieur gauche, les questions utilisant « qu’est-ce que » représentent le niveau de réflexion le plus élémentaire. Voici un exemple :

« De quelle couleur est le ciel? »

Réponse : « Le ciel est bleu. »

On les appelle des questions littérales et elles nécessitent une représentation visuelle de base de l’information.

Viennent ensuite les questions inférentielles, dans lesquelles les élèves doivent déduire ou trouver des indices à partir de l’information :

« D’où le ciel tirerait-il sa couleur bleue? »

Réponse : « Peut-être de l’eau… l’eau est bleue, réfléchissante… Peut-être de l’espace? Quelque chose en lien avec le soleil? Le ciel est seulement bleu le jour, pas la nuit… »

À mesure que nous nous déplaçons vers le coin inférieur droit, le même concept peut être formulé de manière à encourager une réflexion de niveau supérieur et à exiger une réflexion, un questionnement et une résolution plus approfondis.

« Pourquoi le ciel pourrait-il être bleu? »

« Comment se fait-il que le ciel soit bleu? »

Répondre à ces questions nécessitera de la recherche, plusieurs niveaux de réflexion et de compréhension. Il ne s’agit pas de répondre à la question en utilisant le moins de mots possible ou le plus rapidement possible, mais de suivre le processus qui mène à la réponse :

Une recherche Google révèle que (selon NASA) « La lumière du Soleil atteint l’atmosphère terrestre et est dispersée dans toutes les directions par les gaz et les particules présents dans l’air. La lumière bleue est dispersée dans toutes les directions par les minuscules molécules de l’air de l’atmosphère terrestre. La lumière bleue est davantage dispersée que les autres couleurs parce qu’elle se déplace sous forme d’ondes plus courtes et plus petites. »

Cela répond à la question et fournit une réponse, mais ce qui est encore mieux, c’est que cela soulève davantage de questions qu’il n’en résout : « Quelle est la couleur du soleil? » « Qu’est-ce que la lumière bleue? » « Comment les molécules dispersent-elles la lumière? » « Qu’est-ce que l’atmosphère? » « Pourquoi les ondes sont-elles bleues? ». C’est ainsi que vous commencez à favoriser l’apprentissage fondé sur l’enquête et la curiosité chez vos élèves.

Voici comment vous pouvez commencer à intégrer l’apprentissage fondé sur l’enquête dans votre classe :

La question :

Demandez-leur de trouver quelque chose qu’ils veulent vraiment comprendre ou au sujet duquel ils souhaitent approfondir leurs connaissances. Il devrait s’agir d’un énoncé de problème ou d’une question nécessitant davantage de recherche, de citations et de compréhension. Cela devrait relever de la section consacrée aux niveaux supérieurs de réflexion dans la matrice des questions. Ce processus implique souvent des recherches ouvertes sur une question ou un problème, qui les amènent à mobiliser un raisonnement fondé sur des données probantes et à résoudre des problèmes de manière créative, ainsi qu’à « trouver des problèmes ».

Recherche :

Utilisez le temps en classe pour permettre aux élèves de faire des recherches sur la question. Guidez-les afin qu’ils sachent quelles sources sont fiables et lesquelles ne le sont pas. Encouragez-les à approfondir leurs recherches et à répondre à d’autres questions liées au problème initial.

Présentation :

Selon la profondeur du problème d’apprentissage fondé sur l’enquête que vos élèves abordent, demandez-leur de faire une présentation de leurs résultats. Il peut s’agir d’une courte présentation ou d’une activité de synthèse approfondie. Nous recommandons également que la présentation soit accompagnée de supports visuels, qu’il s’agisse d’une représentation 3D, d’un diaporama PowerPoint, d’une vidéo, d’une conception graphique ou, mieux encore, d’une combinaison de plusieurs de ces éléments. La présentation et le produit final devraient être représentés et présentés visuellement.

Réflexion après le projet :

Posez aux élèves des questions comme celles-ci : qu’est-ce qui a fonctionné dans leur démarche et qu’est-ce qui n’a pas fonctionné? Quels renseignements ont été les plus difficiles à trouver? Ont-ils appris quelque chose d’inusité au cours de leurs recherches? Cela a-t-il éveillé leur intérêt pour autre chose? Ont-ils atteint leur objectif? Posez-leur également d’autres questions de réflexion personnelle. Ces questions pourront, espérons-le, éveiller leur curiosité envers un nouveau projet d’apprentissage fondé sur l’enquête.

Tenir des dossiers :

Espérons que ce projet vous incitera, vous et vos élèves, à pratiquer l’apprentissage fondé sur l’enquête tout au long de l’année scolaire. En tant que personne enseignante, notez les sujets choisis par vos élèves et voyez si vous pouvez déceler une tendance. Vous constaterez peut-être que certains élèves aiment particulièrement faire des recherches dans une discipline, un sujet ou un type de question donné. Faites un suivi auprès des élèves et amenez-les à réfléchir à leur avenir dans la vie et dans leurs études.